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1871 – Paulin Enfert et La Mie de Pain

Construction de l’Eglise Sainte-Anne de la Maison-Blanche. Elle sera édifiée entre 1897 et 1912 sur une partie du terrain initialement dévolue au patronage Saint-Joseph et fourni à Paulin Enfert par un généreux bienfaiteur, Jules Nolleval.
Construction de l’Eglise Sainte-Anne de la Maison-Blanche. Elle sera
édifiée entre 1897 et 1912 sur une partie du terrain initialement dévolue au
patronage Saint-Joseph et fourni à Paulin Enfert par un généreux bienfaiteur,
Jules Nolleval.

Au lendemain de la guerre de 1870 et des événements de la commune, Paulin Enfert (1853-1922), modeste employé du 13ième arrondissement, alors l’un des plus misérables de Paris, décide de se consacrer aux enfants défavorisés de son quartier.

Prestidigitateur, comédien et conteur, Paulin Enfert présente une figure originale d’animateur qu’il met au service des jeunes du quartier. Il les réunit au départ dans les fossés des fortifications autour d’une roulotte pour leur enseigner le catéchisme, leur organiser des jeux et les occuper. Sa modeste initiative prend de l’ampleur. Au fil des ans, elle aboutit ainsi à la création d’un patronage, ancêtre de nos centres aérés, et à nombre d’œuvres de charité très en avance sur leur temps et destinées à tous les exclus de la Belle Epoque.

Malgré le décès de Paulin Enfert au lendemain de la première guerre mondiale, ses œuvres continuent de se développer. Certaines ont traversé les décennies telle la Mie de Pain, soupe populaire qui continue au XXIsiècle à servir chaque soir plusieurs centaines de repas aux sans-abris. Son Refuge, créé en 1932 et fort de 426 lits, reste également de nos jours la plus importante structure de ce type en France.

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It was just after the 1870 war and the subsequent ‘Commune’ events in Paris that Paulin Enfert (1853-1922), an ordinary clerk living in one of the poorest districts in Paris, the 13th, decided to devote himself to underprivileged children of the area.
Paulin Enfert was a very uncommon person: he was a magician, an actor as well as a storyteller and could thus easily entertain young people and become a valuable leader. At the start, he gathered the children in the deserted ditches around Paris to organize various games and give them Catechism classes. The only shelter they had was a house on wheels.
Then his modest initiative grew up and spread, giving  birth of a ‘patronage’ (a club  for young people), a forerunner for current summer camps. It also led to many new and ambitious actions dedicated to the poor people excluded from the ‘Belle Epoque’ lucky days.
Even after his death in 1922, Paulin Enfert’s  good works went on. Some of them have survived over the decades such as the soup kitchen called ‘La Mie de Pain’, which every night provides hundreds of homeless with a decent meal. The Refuge, founded in 1932 according to his will, which can accommodate about 426 people, also remains today the largest structure of the kind in France.

Site internet des œuvres de la Mie de Pain : http://www.miedepain.asso.fr/

Article rédigé et illustré par les membres de l’association des Amis de Paulin Enfert 
File des pauvres attendant de se restaurer à la Mie de Pain, rue Charles Fourier. Il s’agit d’une soupe populaire, fondée en 1891 par les enfants du patronage et qui, depuis cette date, continue de distribuer gratuitement, chaque soir, plusieurs centaines de repas.
File des pauvres attendant de se restaurer à la Mie de Pain, rue Charles
Fourier. Il s’agit d’une soupe populaire, fondée en 1891 par les enfants du
patronage et qui, depuis cette date, continue de distribuer gratuitement,
chaque soir, plusieurs centaines de repas.
Une des particularités de la Mie de Pain, est que celle-ci était majoritairement animée par les jeunes du patronage Saint-Joseph, ce qui vaudra à l’institution le surnom de « Soupe des étudiants ». Paulin Enfert y voyait là le moyen d’initier les jeunes du patronage à la pratique de la charité.
Une des particularités de la Mie de Pain, est que celle-ci était majoritairement animée par les jeunes du patronage Saint-Joseph, ce qui vaudra à l’institution le surnom de « Soupe des étudiants ». Paulin Enfert y voyait là le moyen d’initier les jeunes du patronage à la pratique de la charité.
Cour intérieure dite « des petits » dans les locaux de la rue Bobillot
Cour intérieure dite « des petits » dans les locaux de la rue Bobillot
La salle de gymnastique du patronage Saint-Joseph, rue Charles Fourier
La salle de gymnastique du patronage Saint-Joseph, rue Charles Fourier
Réfectoire de la Mie de Pain, rue Charles Fourier. Datant de 1897, il n’a que peu changé et continue un siècle plus tard, d’accueillir et de restaurer plus de 500 personnes chaque soir.
Réfectoire de la Mie de Pain, rue Charles Fourier. Datant de 1897, il n’a
que peu changé et continue un siècle plus tard, d’accueillir et de restaurer plus de 500 personnes chaque soir.

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Rue Bobillot, une partie des locaux du patronage Saint-Joseph, à droite, jouxtent l’Eglise Sainte-Anne de la Maison-Blanche. Détruit dans les années 1960, les bâtiments du patronage ont laissé la place à un foyer de jeunes travailleur, le foyer Paulin Enfert.
Rue Bobillot, une partie des locaux du patronage Saint-Joseph, à droite, jouxtent l’Eglise Sainte-Anne de la Maison-Blanche. Détruit dans les années 1960, les bâtiments du patronage ont laissé la place à un foyer de jeunes travailleur, le foyer Paulin Enfert.
Portrait de Paulin Enfert (Nevers, 1853 – Gien, 1922), fondateur du patronage Saint-Joseph et des œuvres de la Mie de Pain. Deux rues portent désormais son nom, une dans le XIIIème arrondissement de Paris, une seconde à Gien
Portrait de Paulin Enfert (Nevers, 1853 – Gien, 1922), fondateur du patronage Saint-Joseph et des œuvres de la Mie de Pain. Deux rues portent désormais son nom, une dans le XIIIème arrondissement de Paris, une seconde à Gien
Défilé lors d’une fête sur le second site du patronage Saint-Joseph, rue Charles Fourier. De nos jours, le terrain appartient toujours à l’association et continue d’abriter la plupart de ses locaux et œuvres
Défilé lors d’une fête sur le second site du patronage Saint-Joseph, rue Charles Fourier. De nos jours, le terrain appartient toujours à l’association et continue d’abriter la plupart de ses locaux et œuvres

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Une réponse

  1. […] anecdotes sur son histoire. Juste pour la curiosité et le plaisir” a consacré ce mois-ci un bel article sur la Mie de Pain et les autres oeuvres de Paulin Enfert. Celui-ci est à découvrir ci-dessous […]

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