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Interview – Paris in Motion by Mayeul Apkovi

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Mayeul Akpovi est l’auteur des films « Paris In Motion » qui présente les principaux monuments de la capitale en time lapse. Ces films d’une qualité exceptionnelle ont battu des records de partage sur les réseaux sociaux. Plugged City revient à la source du phénomène.

Vendredi 7 décembre – Le temps persiste dans sa mauvaise humeur. Il pleut des cordes. Sous les parapluies, la foule se fait rare. J’arrive cinq minutes en retard Place du Châtelet où j’avais donné rendez vous à mon camarade. Nous nous reconnaissons tout de suite. Quand l’eau chasse les badauds, il ne reste que les irréductibles passionnés. Nous courons nous réfugier à une terrasse de bistro, en ignorant les récriminations du patron qui avait installé les tables pour midi. Micro en place, l’entretien commence…

Mayeul Apkovi

Qui êtes tu donc Mayeul Apkovi ?

Vaste sujet (rire). Je suis Mayeul Apkovi, 33 ans et informaticien. Après quelques années de salariat dans différentes sociétés, je me suis mis à mon compte il y a deux ans. Au carrefour de l’informatique et du marketing, ma société développe des applications web pour différents clients. Toutefois, j’ai une immense passion pour la photo et pour Paris.

Paris que tu as désormais quitté pour Besancon.

Je suis originaire de Cotonou au Bénin, et ne suis arrivé en France qu’en 2006. J’ai passé les quatre premières années à Paris ou je ne connaissais personne. J’avais des amis mais aucune famille. Du coup, j’ai préféré partir vivre à Besancon où j’avais plus d’attaches. A tout point de vue, ce choix me simplifiait la vie.

Quelle a été ta motivation pour créer Paris In Motion ?

En arrivant à Besancon, je me suis rendu compte que je n’avais rien gardé de Paris. Aucun témoignage, aucun souvenir autre que quelques photos prises à la va vite sur mon portable. Quelque part, il fallait que je me venge (rire). Je suis donc revenu et ai pris quelques 10000 photos. J’ai découvert le time lapse au même moment. Je me suis dis que c’était un bon outil pour pouvoir faire quelque chose de plus fort. Ne sachant pas où je serai dans vingt ans, mon seul désir était de garder un souvenir de cette ville au moment ou je l’avais connu. Ne voulant pas répéter la même erreur, j’ai commencé à m’entraîner à Besançon. J’ai photographié tout ce que je pouvais, de façon à témoigner de mon passage, mais il me manquait toujours Paris. Une fois ma technique mise au point, j’y suis retourné pour mettre mon projet en œuvre.

Plus de 300000 vues sur Vimeo, as tu été surpris par le succès de ton travail ?

Absolument, comme je te le disais il s’agissait au départ de quelque chose que je n’ai entrepris que pour le plaisir de garder un souvenir. Je n’ai jamais envisagé que celà puisse prendre ces proportions. Le succès de la première partie m’a poussé à réaliser le second plus vite que prévu. Cela m’a permis de compléter ma collection de monuments. Ce qui est amusant c’est que j’avais indiqué « Part 1 » sur le premier, un peu au hasard, sans penser que j’allais en faire un autre tout de suite. J’avais juste conscience qu’il me manquait des choses. J’en profite au passage pour remercier tous les Community managers Parisiens qui ont eu la gentillesse de relayer mon travail.

Paris, cela t’évoque quoi ?

L’image de Paris a baigné mon enfance. Au Bénin, cette ville reste une référence. Pour être dans le coup, il faut être connecté et raisonner « Paris ». Au delà d’un endroit en particulier, Paris m’évoque une ambiance. La musique de Massive Attack que j’ai choisi pour Paris In Motion correspond complètement à ce que cette ville me fait ressentir. C’est très personnel. A tel point que beaucoup de gens m’ont dis que ce choix ne collait pas avec les images, mais je n’y peux rien, c’est comme ça (rires)

As tu d’autres passions ?

L’art, le dessin, même si je ne pratique plus beaucoup. Je peux même te confier avoir fait les beaux arts… pendant 6 mois.

Quel matériel utilise tu ?

Deux appareils, un 5D Mark II et un 5D mark III. Finalement, je me suis rendu compte que le Mark II était largement suffisant pour l’utilisation que j’en avais.

Quelles sont tes références ? Comment en es tu venu au time lapse ?

J’ai découvert le time lapse grâce à la société Kessler. Je cherchais une méthode sympa et suis tombé sur cette société qui vendait du matériel photo. Leur site présentait différentes démos qui m’ont beaucoup intrigué et en particulier le travail de Tom Lowe qui effectue du time lapse sur les étoiles. Du coup je me suis abonné à leur page et ai acheté aussi un peu de matériel. Au bout de quelques essais, je souhaitais aller un peu plus loin au propre comme au figuré. En cherchant, je suis tombé sur un artiste russe qui a traité toutes les grandes villes d’Asie. Je me demandais comment il pouvait réaliser des parcours aussi vastes. Hélas, malgré mes nombreuses questions ici et là, personne n’a voulu m’indiquer la méthode. Après quelques tentatives infructueuses, j’ai réalisé mes premiers essais concluant sur les Royal Salines d’Arc et Selans. Les conditions architecturales et le relief doivent se prêter à l’exercice de manière à pouvoir « slider » sans soucis. Je réalisais du même coup que Paris deviendrait le terrain de jeu le plus fantastique qui soit.

Comment envisage tu l’avenir ?

J’adorerais vivre de la photo, mais je ne préfère attendre de voir la façon dont les choses évoluent. Dans les faits, je n’ai pour l’instant jamais gagné un euros avec mes photos. Je m’interroge sur les débouchés possibles sans m’emballer. Très honnêtement, c’est mon activité en informatique que j’aime beaucoup qui me permet de me consacrer à ma passion et c’est très bien comme ça pour le moment.

Quels sont tes prochains projets ?

Je ne compte pas faire une troisième partie pour le moment. Je ne veux pas tarir l’image de Paris ou lasser les gens en répétant toujours la même chose. J’ai beaucoup d’autres projets, mais je préfère garder le privilège de la surprise !

Paris In Motion (Part I) from Mayeul Akpovi on Vimeo.

Paris In Motion (Part II) from Mayeul Akpovi on Vimeo.

 

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